1830 GEOGRAPHIE, HISTOIRE, TOURISME

Siméon Gaugien et la guerre d'indépendance américaine. 

La région dans laquelle s'installent les arrivants de 1830, n'a certainement pas été choisie au hasard, bien qu'on ne sache pas lequel des migrants a établi des contacts et a été à l'origine du départ et du choix du point de chute.

Le précurseur pourrait être Siméon Gaugien père né à Rosières-sur-Mance en 1761 et décédé au même lieu en 1831. Il a été incorporé le 12 janvier 1779 dans l'armée de Rochambeau qui, comme celle de La Fayette, a combattu aux Etats-Unis au côté des indépendantistes.

Le régiment d'Auxonne, dans lequel il sert comme sergent, embarque à Brest le 2 mai 1780 et rejoint les côtes de Virginie où il participe au siège victorieux de Yorktown.

Le régiment remonte ensuite vers New-York en marche forcée et s'illustre par plusieurs faits d'armes. Il embarque à Boston le 24 décembre 1782 et arrive en France le 17 juin 1783.

Siméon revient alors à Rosières s/M, reprend son travail de vigneron. En 1788 il épouse Laurence Hudelle. De cette union naît Siméon en 1794 qui débarque le 5 juin 1832 à New-York avec son épouse, Jeanne Baptiste Thériat, originaire de Morey,  et ses enfants.

Les récits de l'expérience militaire aux Etats-Unis de Siméon père ont-ils pu inciter des rosiérois à partir ? Il est possible aussi que Siméon ait entendu parler de Jacques-Donatien Le Ray de Chaumont, l'un des promoteurs de l'engagement de la France au côté des indépendantistes américains et ami de Rochambeau, natif de Vendôme. Les descendants de Jacques Donatien, Jacques et Vincent Le Ray, sont les instigateurs de la venue des français dans la région du Saint-Laurent.

Cependant, avec un départ au premier semestre 1832, la famille Siméon Gaugien fils, est l'une des dernières à partir de Rosières s/Mance. Cette famille a attendu le décès en 1831 du père, pour se décider en emmenant avec elle les familles Claude Petit, J-Claude Vauthrin, Jean-Baptiste Simard et Jean-Baptiste Pioche.

Note : le nom américanisé de GAUGIEN est GOSIER

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A gauche

Tombe de Siméon (Simon) fils au vieux cimetière St Vincent de Paul Rosiere. "Simon Gaugien né à Rosières-sur-Mance France décédé le 5 janvier 1865 âgé de 70 ans 30 jours".

Photo Rick Lawrence

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Monument datant de 1932 qui signale l'emplacement de la première église de Rosiere de 1832. La plaque commémorative est à la mémoire de James D (Jacques Donatien) Le Ray de Chaumont et de Mgr Jean Dubois, archevêque de New-York, qui a inauguré cette première église.

Photos Rick Lawrence

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Nef et chœur de l'église Saint-Vincent-de-Paul

Photo Marsha Lawrence

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A gauche : Don d'un vitrail par Charles S Gaugien (Gosier), petit-fils de Siméon.

A droite : don d'un vitrail par Charles André Gaugien, fils de Siméon, et son épouse Geneviève Branche

Photos Marsha Lawrence

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La famille LE RAY.

Jacques Donatien LE RAY de CHAUMONT (1725-1803), riche financier des pays de Loire et propriétaire du château de Chaumont-sur-Loire a grandement contribué à l'engagement de la France aux côtés des indépendantistes américains.Son fils Jacques (américanisé James) est parti aux Etats-Unis où il a acquis de nombreuses terres dans le comté de Jefferson en particulier dans la région de Cape Vincent. La petite ville de Chaumont près de Cape Vincent porte son nom.Le fils de Jacques, Vincent, est celui qui attribue des terres aux migrants de Rosières s/Mance et qui favorise la construction de leurs maisons. Ceux-ci, en reconnaissance, dédient leur église à Saint Vincent-de-Paul, saint patron de Vincent Le Ray

 

K of C hall

A Rosiere, le 11 juillet 1920, la création du Conseil n ° 2148 des Chevaliers de Colomb de Le Ray de Chaumont le 11 juillet 1920 a grandement influencé la vie des paroissiens. Les membres se sont d'abord rencontrés dans une grande grange à foin située sur le terrain offert par Le Ray. Quelques mois plus tard, le conseil a construit la salle K of C (Knights of Columbus) en face de l'église.

Photo Rick Lawrence

K of C hall -detail

K OF C HALL - Détail Fronton

Photo Rick Lawrence

CAPE VINCENT ET LES MILLE ILES

Rosiere est aujourd'hui inclus dans la ville de Cape Vincent. Le hameau de Rosières s'est vidé de ses habitants mais beaucoup de descendants des migrants résident toujours soit à Cape Vincent, soit dans d'autres villages du Comté de Jefferson. Du village des migrants, il reste quelques habitants regroupés autour de l'église Saint Vincent-de-Paul érigée en 1879 entourée des deux cimetières du même nom : l'ancien (old cemetary) dans lequel on trouve les tombes des pionniers partis en 1830 et le nouveau dans lequel on trouve nombre de tombes de leurs descendants.

Cape Vincent est aujourd'hui une bourgade d'environ 3 000 habitants. C'est une station touristique à pa rtir de laquelle on part pour des croisières au fameux site des Mille Iles. (Thousand Islands). Ces îles parsèment le Saint-Laurent à sa sortie du lac Ontario. On remarquera que beaucoup de routes de ce territoire portent le nom des premiers migrants : "Favret Road", "Branch Road", "Gosier Road" (Gosier = Gaugien). Sont visibles également les maisons Favret, Nicolas Cocagne, Edus, …

Chaque deuxième samedi du mois de juillet a lieu, à Cape Vincent, le festival français. C'est l'occasion de célébrer le passé français de cette région. Outre les défilés de figurants costumés en français des périodes révolutionnaire et napoléonienne, on peut déguster des plats traditionnels français et assister à des représentations de chants et danses folkloriques.

RETOUR SUR L'HISTOIRE FRANCAISE DE CAPE VINCENT ET SA REGION.

L'établissement de français dans cette région remonte à la colonisation du Québec par Samuel de Champlain au début du XVIIe siècle. Il a débarqué près de Watertown et a fondé Fort Présentation

qui s'appelle aujourd'hui Ogdensburg (siège de l'évêché dont dépend Cape Vincent). De là des explorateurs et des missionnaires parcourent toute la région. Au XVIIIe siècle, des colons français du Québec s'y installent également.

Durant la révolution française, ce sont des royalistes contraints de s'exiler qui sont accueillis. Mais ceux-ci ont été décimés par les maladies, la plupart des survivants sont rentrés en France.

L'aventure des français continue avec la chute de l'empire napoléonien. Des émigrés, anciens soldats napoléoniens s'installent à Cape Vincent, parmi eux, Joseph Bonaparte frère de Napoléon et roi de Naples.

Le festival français de Cape Vincent commémore cette période post-napoléonienne.

L'histoire continue avec Jacques et Vincent Le Ray de Chaumont (voir plus haut) qui favorisent l'installation des français, en particulier des habitants de Rosières-sur-Mance, Saint-Marcel,... entre 1829 et 1832. La plupart de ceux-ci ont été des soldats de Napoléon et ont participé à la glorieuse aventure. Rentrés à Rosières, sous le régime de la Restauration des rois Louis XVIII, Charles X, puis sous celui de la Monarchie de Juillet, ils ont ressenti un certain mépris des autorités, raison de plus pour partir à Cape Vincent où Napoléon faisait, et fait encore, l'objet de vénération. Il est frappant de constater que nombre d'enfants ou petits-enfants des rosiérois ont reçu le prénom de Napoléon ! 

HISTOIRE DU VILLAGE DE ROSIERES-SUR-MANCE

(d'après le dictionnaire des communes de la Haute-Saône - Tome V).

Depuis le XIIe siècle, la seigneurie de Rosières était partagée entre l'abbaye cistercienne de Cherlieu et un seigneur laïc. La grange de Gircourt qui faisait partie de cette terre appartenait à l'abbaye et était exploitée par des frères convers et, plus tard, par des fermiers.

C'est en 1736 seulement que le seigneur Pierre François Augustin Chappuis affranchit ses sujets de Rosières de la mainmorte.

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En 1761, à l’occasion de son mariage avec Jeanne Claude de Cordemoy, François Gabriel, marquis de Chapuis, est seigneur de Rosières-sur-Mance, de Mont-le-Vernois et d’Oricourt, village dont le château est en cours de restauration. En outre, il occupe les fonctions de conseiller au Parlement de Besançon, et son père lui laisse bientôt sa charge de président à mortier au parlement de Besançon. À la tête d’une fortune considérable, il sera le dernier seigneur de Rosières

Ci-contre blason de la famille Chapuis de Rosières : d’azur à la licorne saillante d’argent. D'après site consacré au château d'Oricourt : 

www.oricourt.com/

L'EGLISE PAROISSIALE

Eglise reconstruite en 1773. Elle a un clocher carré à toit bulbeux réuni aux parois latérales par deux quarts de cercle. Portail en anse de panier à imposte, inscrit dans un plein cintre et couvert d’une double corniche. Porche voûté.

Intérieur : nef unique de deux travées. Au-dessus de la porte grande « Descente de Croix » d’assez belle facture, toile du XVIIIe siècle. A gauche, statuette de confrérie de Sainte Anne. Belle chaire Louis XIV à panneaux décorés de médaillons à effigies humaines, de guirlandes et de nœuds. Abat-voix à guirlandes de fleurs.

Sanctuaire à une travée et chevet rectangulaire ; autel de forme tombeau en bois peint. Tabernacle en bois doré , orné de raisins et d’une gerbe de blé, surmonté d’une monstrance tournante et flanqué de deux anges adorateurs, bois sculpté, XVIIIe siècle ; l’ensemble est de grande qualité. Au fond, une statue de Saint Siméon Stylite, représenté comme un ermite.

Contrairement à l’usage d’orientation Ouest-Est, l’église de Rosières est orientée Nord-Sud

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INSCRIPTION CLOCHE DE 1786

« J’ay eu pour parrain Mre François Gabriel marquis de Chappuis sgr de Rosières, Fleurey, Breurey, Vellefaud et autres lieux, pt à mortier au parlement de Besançon, et pour marraine dame Jeanne Claude de Cordenoy son épouse dame d’Auricourt, Moissey et autres lieux. J’ay été bénite par Mr Charles Henri Thérion curé de Rosières, Etienne Demongeot  et Anthoine Dizier échevins en 1786. Brenel et Jacquot fondeurs ».